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Arnault, virages à hauts risques

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Europatweb, créé en 1999, fait le ménage dans ses start-up.

Publié le 09/03/2001 à 23h57

Chez certains, le mot «échec» est tabou. On préfère parler de «virage stratégique». Mais alors, que dire d'une entreprise qui déménage deux fois en un an, la première pour s'agrandir, la seconde parce qu'un tiers de la surface n'est pas utilisée? Que dire quand cette même entreprise diminue de moitié ses effectifs? Quand elle ouvre des bureaux dans neuf pays pour les fermer quelques mois plus tard? Et quand, après avoir martelé son ambition de construire un «pôle industriel», elle revendique à présent une «orientation financière»? Chez Europatweb, le fonds d'investissement spécialisé dans les jeunes entreprises de l'Internet créé par l'homme d'affaires Bernard Arnault, les dirigeants présentent leur version des faits: «C'est clairement un virage stratégique, une réorientation. Mais on ne met pas la clé sous la porte. La force de Bernard Arnault, c'est de pouvoir s'adapter. L'Internet est par essence un milieu déstabilisant.»

Château de cartes. Certains salariés voient les choses différemment: «Ils ont bâti un château de cartes avec des perspectives théoriques. Jusqu'au printemps 2000, ça embauchait à tour de bras. Tout le monde se donnait des titres ronflants à l'américaine. Se développait une surenchère sur les salaires. Les gens vivaient à 300 à l'heure. Mais certains ne savaient même pas ce qu'ils faisaient. Ces derniers temps, ça n'arrête pas dans le bureau du DRH, mais c'est pour négocier les départs.»

De fait, lorsqu'on cherche un symbole, en France, à la frénésie financ

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