Depuis deux ans, Jean-Marie Messier multiplie les professions de foi, les annonces, les alliances plaçant Internet au centre de la stratégie de son groupe. Mais, derrière les envolées de son patron, Vivendi Universal cumule pour l'instant nombre de cafouillages et de déboires. En voici une liste non exhaustive, accompagnée des commentaires, recueillis sous condition d'anonymat, de plusieurs cadres du groupe.
Vizzavi, peu de chose. En mai 2000, les dirigeants de Vivendi et de Vodafone claironnent: «Ça existe, ça s'appelle Vizzavi et ça marche.» D'emblée, on prête au portail «multiaccès» (Web, téléphone, téléviseur) des deux groupes une clientèle potentielle de 70 millions de personnes dès le lancement. En fait, on s'est contenté d'additionner les clients de Canal +, de SFR et de Vodafone sans leur demander leur avis... Mais aujourd'hui, Vizzavi, c'est peu de chose: un service Wap (Internet sur mobile) boudé par les utilisateurs et un site Web qui ressemble davantage à une plaquette publicitaire qu'à un portail. Quelques dépêches AFP, quelques cours de Bourse... Mais la plupart des rubriques se réduisent à des pages d'autopromotion pour les services SFR. On en convient chez VivendiNet, la filiale Internet (à parité entre Vivendi Universal et Canal +): «Ce n'est pas encore un portail.» Pourtant, le «non-portail» fut lancé à grand renfort de marketing: «L'idée était de vendre du rêve, c'était un fantasme de publicitaire, raconte un cadre du groupe. Mais on est allé beaucoup trop




