Il y avait le «principe de précaution» pour se garantir contre l'encéphalopathie spongiforme bovine, il y a maintenant le «principe de précaution absolue» contre la fièvre aphteuse débarquée de Grande-Bretagne le 20 février et menaçant le cheptel de toute l'Europe continentale. Glissement sémantique qui en dit long sur l'attitude du gouvernement français dans sa gestion de ces deux crises sanitaires consécutives. Pourtant, le principe de sécurité maximum ne s'est pas imposé immédiatement aux responsables politiques français comme à ceux de la Commission européenne. Est-on allé trop loin dans la prévention? Les autorités politiques et sanitaires sont sûres du contraire. Pas José Bové: «De là à abattre par milliers des ovins suspects sans attendre les analyses biologiques là, franchement, on en fait trop.» Retour sur trois semaines de négociations et de décisions qui se traduisent, jusqu'à maintenant, par un résultat inespéré: il n'y a toujours pas de cas avéré de l'épizootie dans les élevages tricolores.
Bruxelles, le 21 février 2001. L'Union européenne impose l'embargo à tous les animaux provenant du Royaume-Uni: la veille, ce pays, qui n'a pas connu de fièvre aphteuse depuis vingt ans, a recensé ses premiers cas d'animaux malades. Ce jour-là, Isabelle Chmitlin, la directrice générale adjointe de la Direction générale de l'alimentation (DGAL), explique: «L'embargo c'est bien joli, mais cela ne suffit pas. La fièvre, que nous connaissons bien, est si contagieuse que nous penso




