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Enquête

La vache et le vétérinaire.

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Face aux épidémies, d'ESB et, plus récemment, de fièvre aphteuse, le vétérinaire de campagne est aux premières loges. Car c'est à lui de dépister le moindre cas suspect.

Publié le 20/03/2001 à 0h07

Ploeuc-sur-Lié (Côtes-d'Armor), envoyée spéciale.

Un jeune couple tient cette ferme des Côtes-d'Armor où les vaches paissent avec vue sur mer. Eric Colin, vétérinaire, gare sa Peugeot fatiguée dans ce décor beau à mourir. Objet de la visite: une suspicion d'ESB. Aux premières loges face aux épidémies, les vétérinaires courent la campagne et s'acharnent à resserrer les mailles du filet pour qu'aucun animal suspect ne leur échappe. Sans répit, surtout par ces temps de fièvre aphteuse. «La mort, il faut s'y habituer et la dépasser, sinon on ne tiendrait pas. Mais avant, on se bat. Et on se bat de plus en plus.»

Eric Colin, 43 ans, un des 11 000 vétérinaires français, a choisi «la rurale». «En 1987, j'assistais à une réunion sur la maladie des muqueuses, la BVD, et Marc Savey, aujourd'hui directeur de la santé animale à l'Afssa (1), m'a dit de regarder ce qui se passait en Grande-Bretagne, où l'on commençait à parler de la vache folle. Je me suis passionné pour le sujet.» Coordonnateur ESB pour les Côtes-d'Armor depuis que le préfet l'a nommé, en 1991, il enquête, dépiste et informe. «J'ai vu les 37 cas d'ESB du département, j'ai une idée de comment les repérer.» Aujourd'hui, première étape: interroger les éleveurs pour connaître le passé de la vache et les symptômes présents. «Depuis qu'elle a vêlé, elle est très nerveuse, tremble, ne vient plus pour la traite, produit peu de lait et tombe brutalement.» Le couple répond de son mieux. Ont-ils remarqué si elle bougeait beaucoup les

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