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Libération

Une crise bancaire assécherait les finances mondiales.

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Le Japon est le premier créditeur de la planète.

Publié le 20/03/2001 à 0h07

«Quand Marunouchi brûle...»: en titrant sur le risque d'un incendie financier dans le quartier des grandes banques de Tokyo, l'hebdomadaire anglais The Economist s'était, en janvier, attiré les foudres des rares économistes confiants dans le redressement de l'économie japonaise. Désormais, ce scénario catastrophe est davantage pris au sérieux. La plongée de l'indice boursier Nikkei a renforcé le risque d'une moins-value importante pour les portefeuilles d'actions des grandes banques japonaises, déjà écrasées sous une montagne de créances difficilement recouvrables. Au risque de voir, à la fin de l'année fiscale japonaise, le 31 mars, leurs fonds propres se tarir et leurs bilans virer au rouge vif.

Un séisme bancaire dans l'archipel n'entraînerait pas obligatoirement une dépression immédiate des marchés financiers mondiaux. La plupart des banques nippones très exposées sur la Bourse de Tokyo ont en revanche une exposition moindre sur les autres grandes places boursières. Mais la déflagration se ferait à moyen terme sentir partout. Obligé de refinancer son secteur bancaire en perdition, l'Etat japonais se trouverait contraint de constituer un fonds d'urgence de sauvetage des banques. Il n'aurait alors d'autre choix, pour l'alimenter, que d'emprunter davantage ou de rapatrier d'urgence une partie de ses fonds placés à l'étranger, notamment aux Etats-Unis. Une pénurie de capitaux disponibles en résulterait, asséchant les finances de la planète, dont le pays du Soleil-Levant reste

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