Tokyo de notre correspondant
La Corée du Sud ne ressemblerait sans doute pas à ce qu'elle est aujourd'hui sans Chung Ju-yung. Décédé mercredi à Séoul à l'âge de 86 ans, le fondateur du chaebol («conglomérat») Hyundai incarnait pour le meilleur et pour le pire l'histoire récente du pays du matin calme: sa reconstruction sur les cendres de la guerre de Corée, son formidable décollage industriel, puis ses errements financiers et l'ouverture récente vers le frère ennemi communiste nord-coréen. Sa mort, saluée comme «la disparition d'un mythe» par la presse de Séoul, devrait avoir de très lourdes conséquences économiques, vu le risque d'éclatement de Hyundai, dont plusieurs filiales écrasées de dettes sont au bord de la faillite. Depuis que «monsieur Chung» avait abandonné les rênes en 1999, ses six fils et filles se disputent la fortune familiale estimée entre 1 et 3 milliards de dollars et les restes de cet empire qui employa jusqu'à plus de 200 000 salariés.
La guerre pour tremplin. Comme Li Ka Shing, le milliardaire chinois de Hong-kong, ou son compatriote Kim Woo-choong, ex-PDG de Daewoo aujourd'hui en exil et en fuite, Chung Ju-yung était devenu, en trente ans, l'un des rois du capitalisme asiatique. Né en 1915 dans l'actuelle Corée du Nord, l'homme avait débuté au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en ouvrant un atelier de réparation de chaussures, puis un garage et une compagnie de travaux publics. La guerre de Corée sera son tremplin. Les contrats pleuvent. Son f




