Menu
Libération
Interview

«Le vaccin n'est qu'une mesure d'urgence»

Réservé aux abonnés

Publié le 29/03/2001 à 0h14

Comment les Britanniques peuvent-ils sortir du chaos où les a plongés la fièvre aphteuse? Entretien avec Yves Leforban, secrétaire de la commission européenne sur la fièvre aphteuse de la FAO (1). Cette commission, qui regroupe trente-trois pays européens, coordonne la lutte contre cette maladie animale sur la quasi-intégralité du continent.

Les Britanniques ont déjà recensé, dans les zones de foyers, 719 000 bêtes à abattre pour empêcher la diffusion du virus. A présent, ils demandent à Bruxelles l'autorisation d'une vaccination ciblée. Est-ce la fin de l'abattage?

Pas du tout. Il s'agit d'une mesure d'urgence. Ils vont vacciner les bêtes dans le Cumbria, où sont recensés quelque 300 foyers, et le Devon. C'est pour une question de logistique. Ils n'arrivent pas à abattre et détruire toutes les bêtes suspectes. Il y a engorgement. Les bêtes de cette région seraient donc vaccinées: infectées ou pas, elles diffuseront peu le virus et elles feront donc une barrière sanitaire. A terme, elles seraient abattues, car toute bête vaccinée est suspecte d'être infectée (lire encadré). Les Pays-Bas envisagent aussi cette vaccination dite «en anneau» ou «périfocale». Elle ne met pas en danger les exportations: celles-ci peuvent reprendre trois mois après l'abattage du dernier animal vacciné.

Ces abattages, très impopulaires, semblent peu efficaces. Pourquoi Londres n'opte pas pour une vaccination massive?

L'émotion que suscite la destruction massive d'animaux est un paramètre nouveau, direct

Dans la même rubrique