Tokyo de notre correspondant
Dans les couloirs de la Banque du Japon, l'évocation du nom de Tadayo Honma est devenue taboue. Un silence de plomb pour masquer un gouffre d'opérations douteuses, de prêts de complaisance et d'arrangements désastreux regroupés aujourd'hui dans les bilans des banques nippones sous le chapitre «mauvaises créances». Directeur général de la Banque centrale, Tadayo Honma connaissait par coeur les rouages financiers de l'archipel. Son parachutage in extremis à la tête de la Nippon Credit Bank en faillite avait été interprété, en septembre 2000, comme un «signe fort». Mais il est des incendies que les pompiers les plus avisés ne peuvent pas éteindre.
Retrouvé mort dans une chambre d'hôtel d'Osaka quelques jours après sa nomination, Tadayo Honma n'était pas préparé à faire face au 20 milliards de dollars (22 milliards d'euros) de mauvaises dettes accumulées par sa banque. Il s'est suicidé.
Euphorie. L'exemple de la Nippon Credit Bank nationalisée, puis revendue offre un raccourci saisissant de la descente aux enfers des banques japonaises. Souvenez-vous: lorsque le yen flambe au milieu des années 80, les banques nippones semblent voler de succès en succès. L'énorme masse d'épargne des Japonais leur garantit un flot de dépôts dans une devise en béton. Les banques, qui possèdent dans leurs portefeuilles d'épais paquets d'actions de toutes les grandes entreprises japonaises et vice versa (les fameuses participations croisées), prêtent sans compter pour fi




