Tokyo de notre correspondant
C'est le magot de toutes les convoitises. Depuis l'accession à la tête du gouvernement nippon, la semaine dernière, de Junichiro Koizumi, le tout Tokyo de la finance bruit d'une hypothétique privatisation de la poste, dont l'intéressé est un fervent partisan. Une réforme aux allures de chasse au trésor: la poste japonaise, dont les livrets d'épargne n'offrent pourtant qu'une rémunération annuelle d'environ 1,5 %, détient dans ses coffres un tiers de l'épargne des ménages du pays du Soleil levant, soit plus de 2 000 milliards de dollars (2 200 milliards d'euros). Or les promoteurs des réformes voudraient bien voir ce bas de laine réinjecté dans l'économie de l'archipel, toujours menacée de récession.
Refuge d'après crash. L'histoire du magot de la poste Japonaise offre un résumé saisissant des entrailles financières de la deuxième puissance économique mondiale, par ailleurs toujours premier créancier de la planète. Dans les plus belles années de la bulle spéculative et immobilière qui vit le Yen atteindre des sommets, les 24 000 guichets postaux de l'archipel autant que l'ensemble des guichets bancaires ont offert sur dix ans des comptes à terme rémunérés jusqu'à 6 ou 7 %, les «Teigaku». Une mine d'or rendue encore plus attractive par le crash du début des années 90: «Tous ceux qui avaient investi dans la pierre ont perdu des sommes colossales lorsque le marché immobilier s'est effondré avec l'éclatement de la bulle, confirme un analyste. Les ép




