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Libération

L'homme qui ne veut pas payer pour la banque.

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Ayant suivi le dossier litigieux, Denis Lion avait été mis sur la touche.

Publié le 12/05/2001 à 0h52

C'est une audience surréaliste qui aura lieu le vendredi 18 mai aux prud'hommes de Paris. Denis Lion, un cadre du Crédit Lyonnais qui a plus de trente ans de maison, poursuit son employeur pour harcèlement moral. Ecarté de son poste à l'Inspection générale lors du déclenchement de l'affaire Executive Life en 1999 et mis «dans un placard», Denis Lion accuse le Crédit Lyonnais de lui faire jouer le rôle de bouc émissaire parce qu'il avait travaillé sur le dossier Executive Life. Saisi en référé, le tribunal des prud'hommes devra se pencher sur le parcours d'un personnage clé de l'affaire, entendu en décembre par la justice américaine, et qui fait faire des cauchemars aux dirigeants du Lyonnais.

En 1992 et 1993, Denis Lion travaille aux côtés de François Gille, numéro 2 de la banque. Il participe à la revente des junk bonds (obligations risquées à haut rendement), qui avaient été acquis par Altus, une filiale du Lyonnais, à François Pinault. En décembre 1993, il a accès à une copie du fax envoyé à Jean Peyrelevade évoquant clairement le fait que le Crédit Lyonnais avait contourné la législation américaine. C'est ce fameux document qui a conduit la Federal Reserve à interroger Peyrelevade en février dernier (Libération du 22 février).

Denis Lion n'entend reparler de l'affaire Executive Life qu'en 1999. La justice américaine vient de se saisir du dossier et la panique s'empare de la direction du Lyonnais, alors en plein processus de privatisation. Le 12 mai, il est convoqué par le

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