Sur le bureau du président d'EDF, François Roussely, il y a plusieurs gros dossiers. En haut de la pile, il y a le dossier Montedison qui déchaîne actuellement les passions en Italie (lire ci-dessous). Et puis tout en bas de la pile, il y a un dossier classé confidentiel : l'ouverture du capital d'EDF. L'électricien français s'y prépare beaucoup plus activement que ce qu'il veut bien dire. Selon nos informations, il a mandaté deux banques- conseils, Rothschild et Goldman Sachs, pour préparer cette ouverture de capital et travailler à l'évaluation financière du groupe. Du côté d'EDF, on justifie le recours aux banquiers par «la nécessité de se conformer aux normes comptables internationales». L'électricien français, qui est soumis aux règles de comptabilité publique et nationale, a du mal à passer des alliances avec des entreprises privées. «La joint-venture avec Dalkia, filiale de Vivendi Environnement, a été retardée parce que les évaluations des deux entités étaient complexes», se plaint un haut dirigeant d'EDF.
Tabou. Ouvrir directement le capital de la maison mère ou se contenter de privatiser certaines filiales? La question n'est pas encore tranchée. Et pour cause, la privatisation est encore totalement taboue. «Il n'est pas question de cette ouverture avant le printemps 2002», chuchotent, un brin embarrassé, les acteurs de ce dossier explosif. Matignon qui a déjà reporté sine die la privatisation de Gaz de France (Libération du 14 avril), ne veut pas en entendre parler




