Bangkok, de notre correspondant.
Quand il descend de son bureau au 21e étage de la City Tower pour faire quelques pas dans l'avenue Sathorn, au centre de Bangkok, Anthony Norman est toujours accompagné d'un garde du corps armé, un ancien policier thaïlandais. Quand il se fait reconduire chez lui dans sa Mercedes 300E, d'autres sbires ferment la marche en voiture, surveillant toute activité suspecte. Si une moto vient soudainement à la hauteur de son véhicule, Norman saisit un gilet pare-balles pour se protéger. Norman et sa famille sont en fait sous la protection permanente de six gardes du corps, tous des Thaïlandais formés par le Special Air Service (SAS) australien.
Assassinat. Anthony Norman, un solide Néo-zélandais de 50 ans, comptable, est chargé de restructurer la dette du plus gros débiteur du pays, la Thai Petrochemical Industrie (TPI). En mars 1999, un autre expert en audit, Michael Wansley, a été assassiné alors qu'il se rendait dans une sucrerie pour y examiner les livres de comptes. «Je me suis dit que je ferais bien de prendre des conseils professionnels pour empêcher ce genre d'incident de m'arriver», explique Norman.
Au lendemain de la dévaluation du baht (monnaie thaïlandaise), TPI, le plus gros conglomérat pétrochimique d'Asie du Sud-Est, s'est retrouvé avec 3,7 milliards de dollars de dettes (4,37 milliards d'euros) envers 148 créanciers, parmi lesquels la première banque thaïlandaise, la Bangkok Bank, mais aussi le Crédit Lyonnais, Citybank, Bank of America




