Le 12 juillet 1998, Zidane avait envoyé le ballon dans les filets brésiliens et les Français dans les magasins. Ce peuple qu'on disait pessimiste devant les échoppes reprenait confiance en lui, sous l'effet de la Coupe du monde, et dans son porte-monnaie. De fait, confirme Jan-Eric Fillieule, économiste au CCF, assis devant les tableaux affichés par son ordinateur, «on a observé une pause dans la consommation en juin 1998, puis un rebond en juillet et en août». Depuis, en l'absence de nouvelle Coupe du monde, on manque de repères pour estimer la confiance des consommateurs. Certains se fient aux astrologues. Mais, de façon surprenante, c'est du temple de la statistique chiffrée et de la rigueur économique que l'on attend désormais, mois après mois, des indications sur une donnée par définition hautement subjective et psychologique: le moral des troupes.
Quand on connaît l'Insee (1), on se doute que cette notion est dûment chiffrée (lire ci-contre). Hier, l'organisme rendait public le moral des ménages pour le mois écoulé. Bilan: -9. Un résultat démoralisant quand on sait que «l'indicateur résumé d'opinion des ménages» (son nom officiel) avait atteint des sommets en début d'année (+6 en janvier) et poursuit depuis son recul: + 3 en février, 0 en mars, -2 en avril, -8 en juin. La semaine passée, l'Insee avait publié son enquête sur le moral des industriels (également connu sous l'appellation «climat des affaires»), également en berne (Libération du 28 juillet).
Succès. Hier, des




