François Pinault le sait maintenant: on ne se paye pas impunément la tête de Bernard Arnault. Car le PDG de LVMH est féroce, cruel même, terriblement teigneux. Et il a surtout horreur d'être humilié. Bref, depuis deux ans que François Pinault, propriétaire de Pinault-Printemps-Redoute (PPR), lui a soufflé la maison de couture Gucci, il n'a qu'une obsession: se venger, pourrir la vie de son adversaire et faire cracher au milliardaire breton beaucoup, beaucoup d'argent. «Lorsqu'il mord le mollet d'un de ses ennemis, il le lâche rarement avant d'avoir obtenu ce qu'il croit juste pour lui», observait récemment un proche.
Hier, finalement, le PDG de LVMH a fini par lâcher le mollet de François Pinault. Arnault a bien voulu accepter la proposition d'accord de paix formulée par PPR dans la journée de mardi, selon lequel Pinault-Printemps-Redoute rachète les 20 % de titres Gucci détenus par LVMH pour... 14 milliards de francs environ (2,13 milliards d'euros). Plus-value nette pour le groupe d'Arnault: 5 milliards de francs (760 millions d'euros).
Prime. L'offre, un rien complexe, de PPR s'organise en trois étapes, et s'apparente in fine à une OPA (offre publique d'achat). PPR, qui possède déjà 42 % de Gucci, rachètera bientôt 40 % de la participation de LVMH dans Gucci, à un prix de 95 dollars par action. Compte tenu du niveau actuel du cours du titre Gucci 76 dollars , cela représente pour LVMH une prime de presque 20 dollars par action, sur 8 millions de titres vendus. Puis, d'ic




