Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'Industrie, défend la possibilité pour l'Etat de peser sur les reclassements des salariés des entreprises privées en difficulté.
Les salariés de Moulinex-Brandt, de Philips et de Bata trouvent que vous ne tenez pas vos promesses...
Ils ont raison, je comprends leur impatience. Le seul engagement que je prends aujourd'hui solennellement, c'est qu'il n'y aura aucun salarié laissé sur le bas-côté de la route. Dans tous les cas, je dispose de deux registres complémentaires: la persuasion et la dissuasion, si nécessaire. Avec un seul souci: promouvoir une vraie reprise industrielle et ses conditions plutôt que laisser la voie à des solutions purement financières. Moulinex est l'exemple de ce qu'il ne fallait pas faire. El.Fi, son actionnaire, a mal mesuré que reprendre une marque mondiale supposait une stratégie de conquête et d'innovation, et je le déplore. J'ai des contacts permanents avec Thierry de La Tour d'Artaise, le PDG de SEB, le seul industriel repreneur potentiel. Concernant Philips, j'ai longuement et discrètement reçu le PDG du groupe en France pour étudier le reclassement des salariés du site du Mans et le développement de nouvelles activités. J'ai insisté auprès du siège social à Eindhoven pour qu'il remette de l'argent, afin de financer le maintien du site. Pour Bata, c'est plus délicat, faute d'un appareil industriel suffisant dans cette partie de la Lorraine: il faudra tout faire pour donner une formation industrielle aux sa




