Les Européens se font de plus en plus à l'idée d'un ralentissement de l'économie dans le sillage des Etats-Unis. Chez les Quinze, la consommation automobile a baissé au cours des deux premiers trimestres de l'année, même si certains constructeurs, certains pays ou certains types de produits (notamment le diesel) tirent mieux leur épingle du jeu. Les attentats sont venus encore ajouter à cette incertitude.
En jargon économique, on dit que l'automobile est directement indexée à l'état de la consommation. En décrypté, une voiture est le premier achat auquel un ménage renonce en période de crise ou quand les nuages s'amoncellent à l'horizon. Parce que l'automobile est un achat lourd (le second poste de dépenses derrière le logement), parce qu'une voiture est aussi un faux investissement (qui perd sa valeur en vieillissant, à la différence d'un appartement). Egalement, parce qu'on peut facilement se résigner à garder un an de plus sa vieille guimbarde. Le résultat, c'est que l'industrie de l'automobile est la première à se piquer aux épines du ralentissement de la croissance et de la déprime des ménages.
La certitude, c'est qu'il se vendra moins de voitures neuves cette année que l'année passée (où le record des 20 millions avait été atteint). Par réaction ou anticipation, les constructeurs commencent aujourd'hui à appuyer sur le frein. Et, derrière, c'est simple comme un jeu de dominos, qui dégringole sur les fournisseurs, les équipementiers ou le géant de la sidérurgie Usinor.
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