Stockholm
de notre correspondant
La Norvège reprend tout juste son souffle après la nouvelle bataille de titans à laquelle viennent de se livrer le vénérable groupe industriel Kvaerner, au bord de la banqueroute, et le groupe Aker-Rgi, appartenant au flamboyant et controversé Kjell Inge Røkke, qui a tenté d'en prendre le contrôle. Kvaerner, qui emploie 35 000 personnes, dont 5 000 en Norvège, dans la production industrielle off-shore et les chantiers navals, connaît d'importantes difficultés financières depuis des années.
Il y a deux semaines, le groupe industriel, l'un des joyaux de l'économie traditionnelle norvégienne, a été sauvé de justesse grâce à l'intervention d'une banque et de quelques actionnaires: ceux-là se sont regroupés pour procéder à une augmentation de capital d'au moins 1 milliard de couronnes (130 millions d'euros). Mais tout le monde est conscient qu'il ne s'agit que d'un répit: pas plus tard que mardi, le groupe a émis un avertissement pour ses résultats du troisième trimestre qui seraient bien plus mauvais que prévu. Ce qui pourrait remettre en cause le plan de sauvetage des banques.
Plus que jamais, Kjell Inge Røkke, enfant terrible et atypique de l'économie norvégienne, «magnat agressif», attend son heure. Propriétaire de 17,8 % des actions de Kvaerner, Røkke n'a qu'une idée en tête: prendre le contrôle du groupe pour le fusionner avec Aker Maritime, la division off-shore d'Aker-Rgi. Ce à quoi Kvaerner tente de résister avec l'énergie du désespoir. «Røkk




