Vienne de notre correspondant
Pour l'Autriche, modèle de paix sociale depuis cinquante ans, c'est une véritable révolution. Le 19 octobre, la très puissante Confédération syndicale OGB (Osterreichischer Gewerkschaftsbund) a rendu publics les résultats d'une vaste consultation auprès de ses 1,5 million de membres (sur une population de 8 millions d'habitants). 88 % d'entre eux se sont prononcés en faveur d'éventuelles «actions syndicales d'envergure» contre la politique suivie depuis un an et demi par le chancelier Wolfgang Schüssel (droite conservatrice liée à l'extrême droite). «C'est une gifle retentissante pour le gouvernement !», a analysé avec plaisir l'opposition sociale-démocrate. Fritz Verzetnitsch, président de l'OGB, a envoyé une lettre au chancelier Schüssel, le priant d'engager de nouvelles négociations avec lui. Tout en avertissant : «Nous ne craignons ni le conflit ni le combat, ni même, si cela s'avérait nécessaire, la grève.» Un gros mot dans ce pays où les arrêts collectifs de travail «se comptent en minutes par an».
Ces propos constituent la première contre-attaque importante face à l'entreprise de destruction de l'OGB, et par-là de l'ensemble du système de partenariat social, menée par la coalition au pouvoir. Le consensus social est un fondement de l'identité nationale autrichienne. Depuis cinq décennies, tout projet de loi gouvernemental était d'abord discuté avec les représentants des travailleurs (Chambre du travail) et de l'industrie (Chambre de l'éco




