Menu
Libération

Pétrole: l'Opep ne veut pas baisser toute seule

Réservé aux abonnés

Le cartel souhaite que les autres producteurs fassent aussi un effort.

Publié le 15/11/2001 à 1h37

Vienne de notre correspondant

Comment faire croire qu'on a pris une décision... Hier, dans la soirée, les ministres de l'Energie des pays de l'Opep (1) réunis à Vienne (Autriche) en séance extraordinaire ont annoncé un accord en trompe-l'oeil pour soutenir le cours du brut: l'organisation a décidé de réduire sa production de 1,5 million de barils par jour au 1er janvier... si les autres producteurs réduisent la leur de 500 000 barils par jour. L'accord dépend donc essentiellement des pays non-Opep (la Russie, le Mexique et la Norvège, pour les plus importants), appelés à s'engager eux aussi à réduire fermement leur offre.

Hostilité. Avec cette proposition, l'Opep s'engage dans une véritable épreuve de force. Car bien que très influent sur l'évolution des prix, le cartel ne représente que 45 % environ de l'«or noir» délivré chaque jour dans le monde. Or, même s'ils sont prêts à voir leurs revenus pétroliers baisser en vendant moins, les pays de l'Opep ne veulent pas en plus perdre des parts de marché. D'où leurs efforts pour convaincre les autres producteurs de les suivre.

Jusque-là, l'attitude de ces pays a été plutôt incertaine, voire hostile. Lundi, la Russie, deuxième pays producteur du monde, avait semblé faire un pas dans le bon sens en annonçant une réduction de sa production de 30 000 barils par jour. Une démarche qui n'a cependant pas eu l'effet escompté. Réduire «de 30 000 sur 7 millions de barils par jour, c'est décevant pour tout le monde! Les Russes le savent bien!»

Dans la même rubrique