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La FNSEA ne prise pas le blé ukrainien

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Manifestation hier à Lorient contre la coopérative de Gouessant, qui a importé 27 000 tonnes de céréales.

Publié le 06/12/2001 à 1h51

C'est un petit cargo de rien du tout, battant pavillon ukrainien, ancré depuis le 4 décembre dans le port de Lorient (Morbihan). Mais l'ouverture de ses cales a suffi à provoquer la colère des producteurs de céréales tricolores et de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), qui n'ont pas hésité à mobiliser leurs troupes pour une «journée d'action syndicale» avec manif.

Venu d'un port de la mer Noire, le Georgioska a le tort de transporter quelque 27 000 tonnes de blé récolté dans cette région. Le commanditaire du navire est la coopérative de Gouessant (Finistère), l'un des principaux producteurs français d'aliments pour animaux, qui trouve son intérêt à acheter ainsi du grain moins cher que celui qu'il pourrait trouver en France: «C'est une opération très ponctuelle. L'Ukraine produit un blé très riche en protéines à un prix compétitif, puisque la récolte a été abondante. En France et en Europe, la récolte a baissé cette année et les tarifs sont plus chers», justifie Jean-Charles Oisel, directeur marketing de la coopérative de Gouessant. Ce que confirme à sa manière l'Office national interprofessionnel des céréales (Onic): «L'Ukraine n'a pas de grosses capacités de stockage et se fait donc un plaisir de brader une partie de sa récolte pour empocher des devises», explique un de ses experts.

Concurrence. Mais Jean-Michel Lemétayer, le patron de la FNSEA, est furieux: il voit dans l'arrivée du Georgioska le «symbole d'une concurrence déloyale» à l'ég

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