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Libération

Le glas sonne pour les bureaux de change

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Surtout dans les zones ou villes frontalières.

Publié le 07/12/2001 à 1h52

Strasbourg

de notre correspondante

Le 31 janvier prochain, Jacqueline Bidenbach, 54 ans, gérante du Bureau de change international (BCI) situé à quelques mètres de la cathédrale de Strasbourg, fermera définitivement le guichet où, chaque jour, des dizaines de touristes, hôteliers ou commerçants changent des deutschemarks, quelquefois des lires ou des francs suisses, plus rarement des dollars. Elle vendra les locaux, achetés en 1991, puis s'inscrira au chômage, comme son frère et son fils, qui eux aussi travaillent au BCI. Jacqueline Bidenbach est sans illusions: «Je vais avoir 55 ans. Je faisais ce métier depuis treize ans. Je n'ai pas le courage de me relancer dans autre chose.»

A quelques pas de là, un autre bureau de change, AOC, ouvert en 1994, se prépare lui aussi à fermer boutique et à licencier ses trois employés. La date n'est pas encore fixée (février ou mars, selon l'activité) mais la décision est irrévocable.

Onze devises en moins. L'arrivée de l'euro est fatale aux bureaux de change privés indépendants des grands réseaux bancaires. La situation est particulièrement critique pour tous ceux qui sont situés dans les villes ou zones frontalières. A quoi sert un bureau de change quand tout le monde utilise la même monnaie? «Nous faisons 85 % de notre chiffre d'affaires avec le deutschemark. Dans ces conditions, inutile de continuer», explique Jacqueline Bidenbach. «Nous avons onze devises qui disparaissent en même temps. Quant aux Russes qui venaient auparavant avec des d

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