Quand les uns travaillent moins, les autres doivent mettre les bouchées dou bles. C'est en tout cas le sentiment de Brigitte Langlais, photographe publicitaire indépendante, pour qui les 35 heures, réalité lointaine dans son cas, n'en ont pas moins des conséquences directes sur son activité. «Avec la RTT et les journées de récupération, mes interlocuteurs sont plus souvent absents. Si j'ai un souci, les gens sont devenus beaucoup plus difficiles à joindre ou j'ai affaire à des personnes qui ne connaissent rien au dossier. Je dois alors me débrouiller seule pour respecter les délais.»
Côté laboratoires, qui lui assurent des services indispensables (développements, pellicules, etc.), les choses tiennent parfois du casse-tête. «Comme les clients, les fournisseurs ont toujours des heures à récupérer, souligne Brigitte Langlais. Ce qui se transforme en semaines de fermeture ou en horaires réduits. Je dois alors m'adapter même si j'ai toujours mes délais à respecter.»
Spécialisée dans la photographie pour catalogues ou dépliants publicitaires, les sujets de Brigitte sont des natures mortes, avec parfois d'importantes mises en scène. Là encore, les 35 heures ne sont pas sans incidence. «Je passe beaucoup de temps dans les magasins, notamment de bricolage, à rechercher des accessoires pour mes décors, précise-t-elle. Auparavant, je savais que je devais éviter certains jours et certaines heures, mais c'est devenu infernal. Les gens sont sans arrêt dans les magasins. On se demande quand




