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Libération

Homme et femme, chacun reste à sa place.

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Elle a plus de temps pour le ménage et les courses, lui pour le bricolage.

Publié le 21/01/2002 à 21h45

Personnellement les 35 heures ça change quoi ? Dans le cocktail d'études et d'ouvrages qui depuis deux ans décortiquent la vie aux 35 heures, le sujet RTTisé est en général content de sa nouvelle existence (à 70% voire 90%). Pourtant globalement, elle n'a pas changé. Les sociologues parlent même d'un effet pavlovien de la loi, qu'ils commentent pour les optimistes par un: «il faut laisser du temps pour qu'une modification des rythmes imprègne la culture temporelle du plus grand nombre»; et pour les sceptiques par ce constat : «la majorité des salariés ne fait qu'accentuer des pratiques antérieures et actualise de la sorte des dispositions construites de longue date» (1). Autrement dit, les occupations des individus restent dictées par leur âge, leur sexe, leur profession, l'épaisseur de leur porte-monnaie ou leurs origines. Et le temps libre n'y change rien. L'illusion d'une société des loisirs pour tous a vécu. André Rausch (2) rappelle par exemple que «les cadres et professions libérales ont une longueur d'avance. Ils ont les moyens de leurs loisirs et sont les héritiers de parents qui prenaient également des loisirs. Ils savent gérer leur temps libre.»

En caricaturant, l'observatoire régional du tourisme d'Ile-de--France identifie trois catégories de RTTisés: les «kids dépendants» qui s'occupent plus de leur famille; les réfractaires, issus de milieux modestes pour lesquels RTT rime avec plus de télé et de supermarché; les solos plus argentés, centrés sur leur épanouisseme

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