Menu
Libération

Personne n'échappe à l'effet RTT.

Réservé aux abonnés

Même ceux qui en sont exclus apprennent à composer avec.

Publié le 21/01/2002 à 21h45

Maryvonne est cadre sup' dans une banque. Elle a quinze jours de RTT. Elle se souvient de la résistance que cette perspective a provoquée, au départ, chez la plupart de ses collègues, des hommes essentiellement, centrés sur le travail, angoissés à l'idée de rentrer plus souvent chez eux, pour occuper quelle place? Et puis, ils s'y sont mis. Benoîtement, ils sont revenus dire: «C'est bien de ne rien faire aussi». Dominique, elle, est chef d'une agence de pub abonnée aux charrettes tardives, déconnectée des 35 heures, pas de ses effets: «la RTT a changé les esprits.» Elle travaille 60 heures par semaine mais ne se sent pas lésée: «je gère mon temps comme je l'entends. Si je termine tard, je commence plus tard aussi. Si je veux être un soir à la sortie de l'école, je pars avec mon dossier sous le bras. Maintenant tout le monde fait ça... C'est le vrai plus des 35 heures, ceux qui en font beaucoup décrochent plus facilement qu'avant.»

Avec ou sans jours de récup, les cadres et cadres sup' ont appris à vivre au rythme des 35 heures. «Je n'arrive pas à prendre mes jours mais j'ai l'impression d'en profiter quand même. Je m'accorde plus de liberté dans l'organisation de mon travail, je télétravaille», explique Jérôme, publicitaire dans une grande entreprise. «La question de la maîtrise sur son temps est essentielle à l'idée de liberté», écrit Jean Viard, du CNRS (1). «De ce point de vue-là, les cadres sup' sont les grands gagnants des 35 heures.» Pas seulement ceux qui ont récupéré

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique