Les monnaies nationales de douze pays européens s'effacent définitivement au profit de l'euro, dans une sérénité absolue. A minuit hier soir, l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la Grèce, l'Italie, le Luxembourg et le Portugal ont enterré leurs devises. Suivant ainsi de près les Pays-Bas, l'Irlande et la France, où les anciennes monnaies ont déjà perdu toute valeur légale. Les gouvernements ont beau rivaliser de superlatifs et organiser des manifestations pour célébrer la disparition de leurs monnaies nationales, le fait le plus marquant de ce basculement restera sans aucun doute l'indifférence que l'événement a suscité parmi les 304 millions d'Européens concernés.
Les Européens se sont acclimatés avec une rapidité inattendue, et sans regret excessif, au nouveau moyen de paiement. Hier, la Banque centrale européenne (BCE) indiquait qu'en début de semaine la valeur totale des billets nationaux en circulation dans la zone euro n'était plus que de 42 milliards d'euros contre 270 milliards au 1er janvier. En revanche, les billets en euros en circulation totalisent actuellement une valeur de 242 milliards d'euros, contre 133 milliards au 1er janvier. Autrement dit, le ratio de substitution des monnaies nationales par l'euro a atteint 85,2 % le 25 février, alors qu'il n'était que de 33 % il y a deux mois.
Pas de funérailles donc pour les monnaies nationales, à peine un peu de mélancolie et quelques cérémonies. Hier, le président de la Commission européenne,




