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Interview

«Le PNB moyen créé par un joueur est de 2260 dollars»

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Publié le 05/03/2002 à 22h29

Edward Castronova, 39 ans, est professeur d'économie à l'université de Fullerton (Californie). Il est l'auteur d'un rapport sur l'économie des univers en ligne.

Comment vous est venue l'idée de comparer Norrath à une économie réelle?

Les chercheurs en économie voient souvent des comportements économiques là où d'autres gens ne voient rien de particulier. Je suis un adepte des jeux vidéo. En pratiquant Everquest, j'ai décelé un potentiel pour une étude scientifique. Je me suis rendu compte qu'un système macro-économique fonctionnait comme tel dans ce monde.

Mais c'est un monde où les gens jouent, ne travaillent pas... Comment une économie peut-elle exister sans travail?

Je ne suis pas d'accord avec votre observation. Que font Michael Jordan ou Eric Cantona? Ils jouent et, en même temps, ils travaillent. Ils investissent leur temps, ils sont payés en échange. Sur Norrath aussi la ligne de partage entre le jeu et le travail tend à s'effacer.

Selon votre étude, Norrath est considéré comme le lieu de résidence principal de 20 % des joueurs... Comment peut-on déclarer «habiter» un jeu vidéo?

Certains joueurs le disent clairement: «C'est dans ce monde que je vis. Ma conscience se trouve là. Le monde réel est simplement un endroit que je dois visiter de temps en temps.» Tout le réseau social, les amis sont dans le jeu. Tout ce qu'ils recherchent est dans le jeu. On parle le plus souvent de «joueurs accros». Mais je vois ces gens comme des immigrants. Et avec les progrès en cours dans le r

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