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Norrath, la planète virtuelle aux richesses bien réelles

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Un système économique créé autour du jeu en ligne «Everquest».

Publié le 05/03/2002 à 22h29

C'est un monde peuplé de druides, d'enchanteurs, de guerriers et de gnomes. Leur principale occupation : organiser des «raids» pour tuer des monstres et leur dérober des objets. Ce monde n'existe que sur l'Internet. Ils sont quelque 420 000 terriens à s'ébattre sur Norrath, la planète fictive du jeu en ligne Everquest. Mais à en croire un chercheur américain, ces adeptes ne se contentent pas de jouer. Sans s'en rendre compte, ils sont en train de créer de toutes pièces un système économique. Edward Castronova, professeur d'économie à la California State University à Fullerton (lire ci-dessous), va plus loin : un PNB par habitant de 2 260 dollars (2 607 euros), un salaire horaire moyen de 3,42 dollars (3,94 euros), une devise échangée contre des dollars à un cours supérieur à celui du yen. Le monde fictif d'Everquest a donné lieu à une économie bien réelle qui, dans le classement de la Banque mondiale en PNB par habitant, prendrait la 76e place, devant la Russie et derrière l'île de Saint-Vincent.

Agents économiques. Comment mettre sur le même plan un jeu vidéo, qui n'existe que derrière les écrans d'ordinateur de ses utilisateurs, et une économie traditionnelle ? Comment un monde d'avatars ­ces doubles numériques représentant les joueurs à l'écran­ pourrait-il rivaliser financièrement avec la Russie ? L'analogie a de quoi surprendre. Selon Castronova, Norrath est peut-être un monde d'électrons circonscrit dans une quarantaine d'ordinateurs ultrapuissants de San Diego (Califor

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