«Chers adhérents et clients, bienvenue à la Fnac Forum. Si vous avez faim, il nous reste quelques chips, des pommes, du pain et des rillettes.» Debout sur une chaise, Christine Chanut s'adresse aux clients micro à la main. Libraire, elle arbore le petit gilet vert des vendeurs de la Fnac. Le sien est orné d'un badge rouge de la CGT. Samedi après-midi, c'est la foule habituelle dans le hall d'entrée du magasin des Halles à Paris. A côté d'elle, sont attablés une quinzaine de salariés en grève. Elle résume la situation au micro: «Aujourd'hui, animation tout à fait particulière dans la Fnac Forum!»
Ils se sont installés le matin, ont posé quelques tables, des chaises, ont accroché des banderoles «en grève» dans le hall. Sans prévenir la direction. Ils distribuent des tracts, font signer une pétition: «Je suis client de la Fnac et je demande à la direction de négocier avec ses salariés sur leurs justes revendications.» Certains prennent le micro pour chanter. A d'autres moments, on passe de la musique. L'ambiance est détendue, presque festive.
Rares sont les clients qui s'attardent. A l'intérieur, dans les rayons, tout paraît normal. Vendredi soir, une ordonnance de référé a obligé les salariés en grève à lever le blocage du magasin, fermé la plus grande partie de la semaine écoulée. La plupart des employés ont repris le travail. «Dans mon rayon, il y a une petite CDD; elle ne peut pas faire grève», explique Michel du rayon Musiques du monde. La majorité des grévistes a plus de qu




