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Libération
Interview

Tiennot Grumbach, avocat

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«Il ne faudrait pas que tout devienne harcèlement»

Publié le 08/04/2002 à 22h58

Tiennot Grumbach, avocat spécialiste du droit du travail, craint que la nouvelle loi ne provoque une augmentation de la «victimisation» des salariés.

«Je trouve dangereuse toute tentative de banalisation du harcèlement moral, ce que la loi contient en germe. Elle ouvre le champ à une interprétation psychopathologique de la relation de travail. Les avocats que nous sommes allons avoir à écouter des «souffrances» qui en réalité devraient être entendues par des thérapeutes, à gérer des «demandes de réparations» qui s'adressent à autre chose que du droit. Ne va-t-on pas en manipulant cette matière dangereuse qu'est le mental faire plus de dégâts ?

Et puis, en sanctionnant les effets du harcèlement, on élude une question centrale : à qui profite-t-il ? Le harcèlement est-il le fait d'un individu isolé, pervers, ou n'est-il pas plutôt la résultante d'un mode de management, d'une organisation du travail qui permet aux situations de harcèlement de se développer ? Il serait hypocrite de s'en tenir aux manifestations et d'éluder les causes du mal. De ce point de vue, les organisations syndicales ont un rôle à jouer. La loi a prévu qu'elles puissent se substituer aux victimes de harcèlement devant les tribunaux, ce qui va leur donner de nouveaux moyens de lutter contre le harcèlement, et plus largement contre les inégalités de traitements au sein de l'entreprise. Car il ne faudrait pas, sous prétexte que cette loi existe, que tout devienne harcèlement, qu'on pousse les salariés à se décl

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