Londres intérim
Le pari est à l'Angleterre ce que la baguette est à la France : vital, existentiel. Cette folie du pari, pouvant porter sur tout et n'importe quoi, le sexe du prochain enfant du footballeur David Beckham ou la couleur du chapeau porté par la reine Elizabeth à Ascot, gagne depuis quelques années le cercle très exclusif des décideurs de la City. Mais en plus gros et plus fou. A la limite du délit d'initié et de la légalité.
Pour la folie, jugez plutôt : quand, demain, le chancelier de l'Echiquier (le ministre de l'Economie britannique) Gordon Brown annoncera sa politique budgétaire, certains analystes très sérieux seront surtout préoccupés par l'épaisseur de son rapport, le nombre de fois où il prononcera le mot «santé» ou celui où il s'épongera le front. Car ils s'adonnent à ce que l'on appelle le spread-betting, autrement dit le «pari ouvert». C'est bête et simple, c'est pour cela que ça marche. On peut même s'arrêter avant même de connaître le résultat final. IG Index, l'un des leaders des paris ouverts sur le marché britannique, explique : «Il suffit de jouer à la hausse ou à la baisse l'évolution de telle monnaie, de telle action, ou la durée du discours du ministre de l'Economie. Et ce, dans une fourchette déjà établie par l'organisme parieur», une société financière qui propose en continu des objets de paris. «Si vous réalisez que vous avez choisi la mauvaise tendance, vous pouvez arrêter les frais avant l'échéance du pari, en déboursant la différence entr




