Hambourg envoyée spéciale
Une OPA sur la boîte bleue ? Impressionnés par les résultats de Nivea ces dernières années, plusieurs grands groupes rêvent de s'approprier la marque. L'Oréal, Unilever, Henkel, Procter & Gamble, Gillette ou Wella... Tous rôdent autour. Depuis son invention en 1911, Nivea s'est imposée comme la «crème des crèmes». Et, en plus, elle vaut de l'or : 15 milliards d'euros en Bourse ! «Plus que Preussag [le voyagiste allemand qui a avalé Nouvelles Frontières, ndlr] ou Lufthansa !», se vante Rolf Kunish, le président de Beiersdorf, le groupe qui contrôle Nivea. Sous-entendu : trop cher pour être avalé. Mais Nivea reste petit à l'échelle des L'Oréal et consorts.
Brèche. «Tant que Nivea croît, elle n'a pas besoin d'aide de l'extérieur», tranche Rolf Kunisch, dans son immeuble de verre et de briques rouges, installé depuis toujours dans la Unna strasse à Hambourg. Aussi simple que cela ? Pas vraiment. Depuis février dernier, une brèche s'est ouverte dans le capital de Beiersdorf. Jusqu'à présent, deux actionnaires régnaient sur le temple de la crème : le grand assureur allemand, qui s'est renforcé en janvier à 43,6 %, et la chaîne de magasins de café Tchibo, très connue en Allemagne, à hauteur de 30 %. Mais, en février, l'assureur de Munich a fait savoir qu'il n'avait pas vocation à passer sa vie dans les cosmétiques et qu'il comptait vendre prochainement ses parts. La logique voudrait que la famille Herz, propriétaire de Tchibo, qui a été élevée à deux pas des




