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Libération

Fracture Nord-Sud dans l'Union

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Espagne, Portugal et France seraient les pays les plus touchés.

Publié le 30/05/2002 à 23h38

Au nord de l'Europe, l'Allemagne et le Danemark (pays des «amis du poisson») observent un silence radio qui cache mal leur satis faction. Au Sud, ce sont de véritables déclarations de guerre anti-Bruxelles qui éclatent parmi les pays «amis des pêcheurs». C'était prévisible : la brutalité de la réforme de la politique communautaire de la pêche (PCP) telle qu'elle est présentée par la Commission européenne (Libération du 28 mai) a de quoi semer la colère en Espagne, au Portugal et en France.

Premier concerné, premier fâché, l'Espagnol Miguel Arias Cañete, ministre de l'Agriculture et de la Pêche, a tout de go déclaré hier que Madrid allait «combattre par tous les moyens la proposition déséquilibrée et injuste de la Commission». Normal : avec la première flotte de pêche de l'Union (18 000 navires), l'Espagne sera en première ligne quand il s'agira de démolir des bateaux, comme souhaité au 1er janvier 2003 par Franz Fischler, le commissaire européen à l'Agriculture. Même son de cloche indigné au Portugal : Luis Filipe Frazao Gomes, secrétaire d'Etat à la Pêche, s'est dit «prêt à aller aussi loin qu'il le faudra» pour bloquer la réforme «perverse» de la PCP.

Pour sa part, Hervé Gaymard, le nouveau ministre de tutelle français qui avait déjà rejeté le «principe même de la restructuration», a également regretté «le manque d'ambition du plan de la Commission» (sic) qui «ne prend pas suffisamment en compte la dimension économique, sociale et territoriale de la pêche». A court terme, c'

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