Lorient envoyé spécial
Adolf Le Dref est marin-pêcheur depuis l'âge de 17 ans. A 52 ans, il est patron du Pors Piron, un chalutier de trente-huit mètres comptant neuf membres d'équipage. Il effectue des campagnes de quinze jours en mer d'Irlande. Ses prises ? Du lieu noir, du merlu (le colin du poissonnier) ou de la lotte. A son retour mardi à Keroman, le port de pêche de Lorient, il a pris connaissance du projet de réforme de la politique communautaire européenne de la pêche qui prévoit la suppression de 28 000 emplois et de 8 600 navires pour protéger la ressource.
Que pensez-vous de ce projet ?
On aura beau supprimer des bateaux, cela ne changera rien du tout. On a déjà réduit leur nombre de 40 %, augmenté les maillages, diminué les quotas, sans résultat. On a fait des expériences sur des zones où aucun bateau n'avait le droit d'aller, on n'y a pas pour autant pêché davantage de poisson l'année suivante. Pour nous, il est hors de question de diminuer encore quoi que ce soit.
Selon vous, les stocks de poisson sont-ils menacés ?
Globalement, la ressource a diminué. Mais il est difficile de dire si telle ou telle espèce est menacée. Pour la lotte, depuis l'arrivée il y a quatre ans de palangriers et de fileyeurs qui «mouillent» des filets de 100 kilomètres de long en mer d'Irlande, c'est flagrant. Mais qu'il s'agisse du merlu, du cabillaud ou de la langoustine, on ne peut pas savoir. Il est déjà arrivé par le passé qu'on ne prenne plus de cabillaud et qu'il revienne l'année suiva




