Garça envoyée spéciale
Depuis vingt-cinq ans qu'il cultive le café, Luiz Jesus n'avait jamais vu ça. «La crise actuelle est la plus grave que j'aie connue jusqu'ici. Depuis trois ans, mes revenus ne cessent de diminuer avec l'effondrement des prix.»
Comme tous les caféiculteurs brésiliens, ce petit producteur de Vera Cruz, une localité de la région caféière de Garça dans l'arrière-pays de l'Etat de São Paulo, a souffert l'an dernier d'une faible production et du cours exceptionnellement bas du café. Comme d'autres, il place ses espoirs dans l'abondante récolte prévue cette année (45 millions de sacs de 60 kg au Brésil). Mais Luiz Jesus jette un oeil désolé sur les pieds de café qu'il est en train de cueillir. «Certes, il y a beaucoup de café à vendre. Mais son prix est si bas que ma récolte ne va même pas m'assurer l'équivalent d'un salaire minimum (82 euros) par mois. Cela, si j'arrive à rentrer dans mes frais. C'est impossible de survivre dans ces conditions.»
Les cultivateurs du pays vivent une lente agonie depuis le début de l'effondrement du cours du café en 2000. Le secteur caféier, premier producteur et exportateur, a perdu 3 milliards de dollars. Le 21 mai, devant les 64 pays de l'Organisation internationale du café (OIC), son directeur général, Nestor Osorio, soulignait la dégradation de la situation (lire ci-contre) : «Malgré la vogue croissante du café, les pays producteurs n'ont que des miettes.»
Plan de rétention. Selon les experts, la crise est encore plus aiguë da




