Tant pis pour l'Allemagne. Après plusieurs mois de conflit avec son patron Gerhard Schmid, France Télécom (FT) s'est décidé à abandonner MobilCom à son sort. L'opérateur français a annoncé hier qu'il mettait fin à «l'accord cadre de coopération» signé le 23 mars 2000 avec son homologue allemand et qu'il n'était plus qu'«un simple actionnaire de MobilCom». L'accord liait outre-Rhin le destin des deux entreprises en les associant notamment au développement de l'UMTS, le téléphone mobile de troisième génération. Le groupe dirigé par Michel Bon s'engageait ainsi «à fournir à MobilCom le financement nécessaire à l'acquisition d'une licence UMTS» et «consentir des prêts ou garantir des emprunts auprès de tiers» si MobilCom n'était «pas en mesure de commencer l'exploitation de son réseau UMTS par ses propres moyens de financement».
«Nous n'avons plus d'obligation de financement de MobilCom», expliquait hier Jean-Louis Vinciguerra, directeur financier de FT. Or l'opérateur allemand est fortement endetté et doit rembourser un crédit de 4,7 milliards d'euros d'ici fin juillet. Et personne ne se bouscule pour reprendre la société, car les perspectives de développement de l'UMTS ne sont pas du tout bonnes à court terme sur le marché allemand. Même si France Télécom s'est engagé «à accorder un soutien financier limité» à MobilCom pour «une période très courte» et à continuer à discuter avec les banques créancières, sa décision revient de fait à pousser l'opérateur allemand vers la faillit




