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Même les patrons doutent des patrons

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A mots couverts, une poignée de PDG français pointent les dérives de certains de leurs pairs.

Publié le 21/06/2002 à 0h02

On hésite encore à le dire, comme si c'était grossier. Mais certains PDG se lâchent «off» et affirment que le capitalisme français vit sa première crise morale. «Les patrons français sont beaucoup trop payés. Ils se sont mis au diapason de leurs homologues anglo-saxons et sont indéboulonnables. Il y a quelque chose qui ne tourne plus rond dans la gouvernance des entreprises françaises.» Le PDG qui l'affirme est le dirigeant d'une grande banque qui gagne beaucoup moins que Jean-Marie Messier, le président de Vivendi Universal, ou Serge Tchuruk, celui d'Alcatel. Avec quelques autres, souvent bien mieux payés que lui, il s'inquiète de la dérive de certains patrons français. Le tout sur fond de crise de confiance des Français (et d'une majorité d'Européens) à l'égard du management de leurs entreprises, comme en témoigne un récent sondage (1). L'éclatement de la bulle télécom, la déroute des marchés boursiers et la dégringolade des grandes valeurs du CAC 40 expliquent une grande partie du trouble. Encore exacerbé par les scandales américains, de Enron à Tyco, et la crise de foi des grandes banques d'affaires américaines, comme Merill Lynch.

Impunité. Mais il aura fallu plusieurs mois avant qu'une petite poignée de patrons ose s'exprimer et s'interroge: qui a un droit de regard sur la gestion des grands patrons français ? Ne faut-il définitivement rien attendre des conseils d'administration, dont les membres ne contestent jamais la moindre décision des PDG concernés ? Et les sancti

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