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Fusion au sommet de l'énergie allemande

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En prenant le contrôle de Ruhrgas, E.ON rivalise avec EDF et GDF réunis.

Publié le 06/07/2002 à 0h19

Berlin correspondance

Quand le deuxième groupe d'électricité allemand, E. ON, par ailleurs numéro un de l'eau, avale le premier gazier allemand, répondant au doux nom de Ruhrgas, qu'est-ce que cela donne ? Un champion national, présent dans les trois métiers des utilities (eau, électricité, gaz) capable de rivaliser avec EDF et GDF réunis. Hier, le gouvernement allemand a donné sa bénédiction à la prise de contrôle de Ruhrgas par E. ON, mettant un point final à un feuilleton de plusieurs mois.

Vetos. Maintes fois annoncée, l'alliance E. ON-Ruhrgas avait été retoquée en janvier par l'Office anticartels allemand pour «risque d'abus de position dominante». En mai, même punition du côté de la Commission antimonopole qui pose son veto pour «entraves trop accentuées à la concurrence». Têtu, E. ON a alors frappé à la porte du ministère de l'Economie, qui a en effet la possibilité d'occulter l'avis des deux autorités compétentes. Le seul problème, c'est que le ministre de l'Economie allemand Werner Müller était personnellement impliqué dans le secteur, puisqu'il a dirigé l'une des sociétés d'énergie qui a abouti à la création de E. ON. En plus, Müller aurait déjà un strapontin qui l'attend dans la nouvelle structure. Pour faire taire les critiques, le ministre a délégué cette lourde tâche à son secrétaire d'Etat. Hier, c'est donc Alfred Tacke qui a présenté cette autorisation exceptionnelle, la septième dans l'histoire de la République fédérale.

«C'est une décision ultrapolitique, nota

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