Le physicien américain Robert Watson, qui présidait un groupe d'experts intergouvernemental, créé sous l'égide de l'ONU pour étudier l'évolution du climat (GIEC, ou IPCC en anglais), a payé pour avoir énervé les lobbies énergétiques. Ardent défenseur du protocole de Kyoto, il dénonçait la responsabilité des activités humaines dans le processus de réchauffement climatique et réclamait la réduction des gaz à effet de serre : le GIEC, impliqué dans la préparation du sommet de Johannesburg sur le développement durable (lire encadré), avait rendu en janvier 2001 un rapport prévoyant notamment que la température mondiale s'élèvera d'ici à 2 100 de 1,4 ° à 5,8 °C. La compagnie pétrolière Exxon Mobil (qui a largement soutenu Bush lors de l'élection présidentielle) avait demandé sa tête. Elle l'a obtenue en avril dernier. Le GIEC a beau être un organisme «indépendant», créé en 1988 par l'ONU, les Etats-Unis ont réussi à imposer leur candidat, l'Indien Rajendra Pachauri. Aujourd'hui directeur du développement durable à la Banque mondiale, Robert Watson, invité début juillet en France par une association d'entreprises (1), explique à quelles conditions, selon lui, le sommet de Johannesburg peut réussir.
Comment expliquez-vous votre éviction du GIEC ?
Il y a d'abord eu la très forte pression d'Exxon et d'autres compagnies. Il est clair que le gouvernement américain écoute les lobbies de l'énergie. Le message de l'IPCC sur la nécessité de réduire les gaz à effet de serre n'était pas celui




