Vienne de notre correspondant
Mümtaz Karakurt représente le «parfait» immigré turc : toujours bien mis, très chaleureux, et possédant une parfaite maîtrise de la langue allemande. Mais sous le calme de cet homme de 40 ans se cache une âme militante. De connivence avec un collègue «100 % autrichien», il vient de réussir un joli coup dans la dénonciation d'une situation de totale discrimination des étrangers dans le monde du travail. La loi autrichienne cas unique dans l'Union européenne refuse aux ressortissants non communautaires le droit de se faire élire à des postes de représentants du personnel dans les entreprises.
Employés tous deux à Linz dans une association de soutien aux immigrés, ils se sont présentés, en 1994, aux élections du «conseil d'entreprise». Et ont été élus. Dès le lendemain, l'ami autrichien déposait devant la cour administrative de Linz une plainte réclamant l'invalidation de l'élection de son collègue, sous prétexte qu'il était étranger. Le but étant d'obliger la justice autrichienne à dévoiler les arcanes de sa xénophobie.
Première victoire. Celle-ci commence par donner raison au complice. Mümtaz Karakurt fait alors appel, s'engageant pour huit années de bataille juridique en Autriche, épuisant les recours et se faisant partout débouter. A l'étranger, en revanche, il vient d'obtenir un premier succès. Dans un «avis» de neuf pages (pas encore rendu public), le Haut Commissariat aux droits de l'homme, organe des Nations unies, considère que Mümtaz Kar




