Baie James (Québec) envoyée spéciale
«La question n'est pas de savoir si je vais trouver des diamants, corrige Manou de sa voix grave. La question, c'est combien je vais en trouver et quelle sera leur qualité.» Le ton ne laisse pas de place au doute. A 52 ans, Manou, monteuse d'avions en composite, s'apprête à passer six semaines avec deux amis à prospecter trois kilomètres carrés de terrain à la recherche de la plus précieuse des pierres. «Je suis convaincue que je vais en trouver et crois-moi, j'ai l'pif pour ça», assure cette baroudeuse québécoise qui a déjà découvert des émeraudes en Colombie et deux temples mayas au Mexique !
Depuis des mois, elle rassemble le matériel nécessaire à cette expédition, pour une valeur de 25 000 dollars canadiens (16 000 euros). A quatre jours du départ, elle vient d'acquérir trois quads d'occasion. Et pour cause, aucune route ne mène aux cinq parcelles de terre qu'elle a sélectionnées ce printemps, quelque part non loin de Chibougamau, une ville minière du nord du Québec. «Nos terrains sont traversés par une rivière qui prend sa source dans les monts Otish et fait un coude à 160 degrés. Il y a de grosses chances qu'il se soit fait un dépôt. On va fouiller la rivière et les marais aussi, poursuit-elle, inébranlable. J'ai rêvé que je trouvais les diamants dans la vase...»
Faire fortune. Incarnation moderne des pionniers d'un autre siècle, Manou n'est pas la seule à avoir été atteinte par la fièvre des diamants qui, depuis quelques mois, secoue




