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Libération

L'Anglo American prend en charge le sida

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Publié le 07/08/2002 à 0h36

Johannesburg, de notre correspondante.

«C'est une très bonne nouvelle, un énorme pas en avant», se félicite Archie Mokoena, mineur d'or depuis quinze ans pour Anglogold. Comme toutes les filiales de l'Anglo American, son employeur s'est engagé hier à fournir des traitements antirétroviraux à ses employés contaminés par le HIV. «Nous qui voyons nos camarades mourir chaque semaine, nous retrouvons enfin un peu d'espoir», affirme ce syndicaliste. Son organisation, le puissant Syndicat des mineurs (Num), a déjà signé, le 25 juillet, un accord avec Anglogold en vue d'un premier projet pilote. En fait, De Beers a été la première filiale de l'Anglo American à distribuer, à ses frais, de l'AZT à ses employés. «Voilà près d'un an que nous le faisons dans nos mines au Botswana, affirme un directeur du diamantaire. Il vaut mieux dépenser de l'argent à garder notre main-d'oeuvre en vie que de recruter et de former constamment de nouveaux mineurs.»

Contre-courant. Le geste n'a en effet rien de philanthropique. Des études menées par l'Anglo American ont montré que l'approvisionnement en trithérapies coûterait moins cher que les coûts occasionnés par l'absentéisme, la diminution de la productivité et le décès des mineurs. En Afrique australe, l'Anglo American emploie plus de 90 000 personnes. L'empire minier estime à 23 % le taux de prévalence du virus HIV parmi ses effectifs sud-africains. Un chiffre beaucoup plus élevé que la moyenne nationale, 11 % de la population totale, soit près de 5

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