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Libération

Des milliers de sans-terres oubliés de tous

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Ils manifestent , samedi, en marge du Sommet.

Publié le 31/08/2002 à 0h48

Johannesburg, de notre correspondante.

«Terres, nourriture, emplois.» Imprimé en grandes lettres noires sur des T-shirts rouges, le slogan du Mouvement du peuple sans terres (LPM) résume la colère des Sud-Africains à l'égard du Congrès national africain (ANC, au pouvoir). Toute la semaine, des dizaines de bus ont convergé vers Shareworld (le monde du partage), nom donné à l'occasion du sommet à un parc d'attractions désaffecté. Aux portes de Soweto, à deux pas du Forum des ONG, se tient, en marge de tout, le «contre-sommet» de la Terre.

Village fantôme. Ils sont plus de 5 000 à camper, depuis le 19 août, dans ce qui ressemble à un village fantôme mexicain. Des guetteurs, postés aux abords des lieux, veillent aux éventuels mouvements de la police, sur les bretelles d'autoroutes avoisinantes. Ce sont eux, les sans-terres, ainsi qu'une myriade d'ONG sud-africaines, qui veulent replacer au coeur du sommet les «nettoyés des rues» du site de la conférence qui formeront l'une des deux marches prévue ce samedi.

«Nous sommes près de 10 000, prêts à nous faire entendre», affirme Philip Morokeng, un jeune militant de Johannesburg, lors d'une réunion improvisée sur le parking de Shareworld. «Amandla !» («Le pouvoir !»), lance un orateur. «Ewethu !» («Au peuple !»), répond la foule, le poing droit levé, comme au temps de la lutte contre l'apartheid. Philip, 21 ans, chômeur, a quitté la Ligue des jeunes de l'ANC l'an dernier. Son parti n'a pas rempli ses promesses. «Où sont les maisons ? Où

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