Virgin Megastore débarque à Barbès, Barbès débarque chez Virgin Megastore. Et Saïd Barki, retraité, n'en revient toujours pas. Ce matin-là, planté devant la façade flambant neuve du magasin, au coin de la rue Christiani et du boulevard Barbès, ce vieil habitant de la Goutte d'Or (XVIIIe ar rondissement de Paris) écarquille les yeux pour mieux voir le décor techno-soft et les 40 employés (dont 30 nouveaux embauchés) qui s'affairent pour l'ouverture, vendredi. «Ça marchera jamais un magasin comme ça, ici, chez nous. Les gens, ils sont trop pauvres et les autres iront toujours sur les Champs-Elysées pour acheter des disques et des trucs d'ordinateurs comme ça. Quand même, ce magasin... c'est un bijou», conclut Saïd Barki, attendri. «Fier» aussi, comme beaucoup de riverains, de cette ouverture qui défraie la chronique agitée de ce quartier d'immigration, plus connu pour ses toxicos que pour ses «bobos». Surtout célèbre pour son magasin Tati, boulevard Barbès.
Culture maison. Virgin Megastore musique, librairie, multimédia, vidéo a-t-il pris de trop gros risques pour son business et pour son image branchouille-rebelle en installant les 1 500 m2 de son sixième magasin parisien au coeur de cet arrondissement chaud, où la présence policière pèse lourdement ? Ses concurrents sont trop contents de faire passer le message : «Nous n'aurions pas été nous installer à Barbès : la qualité de la clientèle n'est pas optimale pour nos produits culturels», affirme une mauvaise langue de la F




