Schneider Electric se refuse à interdire le travail des enfants dans certains pays où il est implanté. C'est ce qu'explique son directeur des ressources humaines, Jean-François Pilliard, dans un entretien à Liaisons Sociales de janvier. Le groupe français de matériel électrique possède des usines en Inde, en Afrique du Sud ou au Brésil. Au milieu des favelas où est implantée une unité, il n'existe «ni infrastructure scolaire ou sociale», précise le dirigeant. «Que devrions-nous faire ? Interdire purement et simplement tout recours à une activité impliquant des adolescents ?» Au risque de les abandonner «à la prostitution ou à la délinquance...»
Un tel discours, de la part des entreprises, n'est pas neuf. Il est cependant à contre-courant de la tendance éthique qui s'est emparée des multinationales et qui tendrait à conforter l'interdiction du travail des enfants. «Cette interdiction est, par excellence, le type de mesure qui donne bonne conscience à tout le monde et à bon compte», estime Jean-François Pillard. Alors qu'elle «suppose la mise en place de tout une politique d'audit», au-delà de l'entreprise, chez les sous-traitants notamment.
Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), 179 millions d'enfants de 5 à 17 ans étaient au travail en 2001. Une masse dans laquelle les conventions internationales opèrent des distinctions. Ainsi, la convention 182 de l'OIT, en 1999, vise l'abolition des «pires formes de travail des enfants» pour les mineurs, comme les emplois dan




