On frise l'état d'urgence. Au Midem, le marché de l'industrie musicale qui s'ouvre à Cannes samedi, tous les représentants des majors ne parleront que de ça : la crise traversée par le secteur et la chute du nombre de disques vendus en 2002, estimée à 11,2 % dans le monde lors du premier semestre. Coupable désigné : le piratage. Un leitmotiv repris par les professionnels français, même si le pays bénéficie d'une exception dans ce paysage morose avec 8,8 % de croissance en volume sur les neuf premiers mois de 2002. Questions sur une industrie en plein doute.
Le piratage est-il le seul coupable ?
Certains professionnels admettent d'autres causes. Le succès du DVD, tout d'abord. Mais aussi un problème de qualité et la fuite en avant vers des produits marketing, calibrés et peu créatifs. «L'industrie du disque est tournée vers le passé avec les best-of ou les reprises, considère Fabrice Nataf, directeur général de EMI Music Publishing France. Or, ce sont toujours les nouveaux talents qui l'ont fait avancer.» Après le succès du rap, l'industrie cherche toujours un courant musical neuf pour entraîner le marché. «La musique électronique est en perte de vitesse, le rock n'a pas vraiment repris, estime Tariq Krim, consultant dans le domaine de la musique en ligne. On est dans un creux culturel.»
Qui sont les pirates ?
Selon l'industrie, tout le monde est un pirate en puissance. Pirates, bien sûr, les copieurs quasi industriels, qui pressent les galettes dans des ateliers clandestins et l




