Ce matin, au tribunal de commerce de Paris s'ouvre un procès d'un genre totalement nouveau en France : LVMH accuse la banque d'affaires Morgan Stanley d'avoir émis «des analyses erronées» et fait de «fausses déclarations» sur son compte. Le groupe présidé par Bernard Arnault affirme que toutes les analyses économiques et financières concernant le secteur du luxe réalisées par le service de recherche de Morgan Stanley à Londres depuis 1999 sont systématiquement hostiles à LVMH... et systématiquement favorables à Gucci. Pour LVMH, il n'y a qu'une explication : Gucci compte parmi les très gros clients de Morgan Stanley, la banque d'affaires ayant organisé l'introduction en Bourse de la maison italienne, et participé au montage de l'opération de rachat de Gucci par Pinault Printemps Redoute en 1999, raflant l'affaire à Bernard Arnault.
Bref, selon LVMH, les études «biaisées» produites depuis quatre ans par Claire Kent, analyste en chef du secteur du luxe chez Morgan Stanley, illustre le parti pris systématique de la banque en faveur de son client. La plainte déposée en novembre dernier par LVMH se traduit aujourd'hui par une première audience. «La séance sera consacrée à la présentation des avocats des deux parties et à la fixation d'un calendrier, expliquait hier un proche du dossier. Le vrai débat, celui qui met en cause l'objectivité de Morgan Stanley dans ses conseils d'investissements financiers et soulève donc la question du conflit d'intérêt qui se pose à la banque, viendr




