Stockholm de notre correspondant
Après France Télécom, Deutsche Telekom, Vivendi Universal... voici le tour d'Ericsson. Le géant suédois des télécoms change lui aussi de patron. La nomination, hier, de Carl-Henric Svanberg comme nouveau PDG d'Ericsson a été accueillie comme l'arrivée d'un messie par les Suédois, qui suivent avec inquiétude l'évolution de la plus grande entreprise du royaume. Première réaction de Lena Mellin, éditorialiste du quotidien Aftonbladet : «Il est bronzé, en forme et a l'air persuadé qu'il va réussir.» Tout le contraire de Kurt Hellström, son prédécesseur, note le journal. «Dès le départ, il avait l'air gêné d'être PDG. Tout était pénible, et il a passé son temps à répéter qu'il ne voyait pas le bout du tunnel.» En début de semaine, Kurt Hellström, PDG d'Ericsson depuis quatre ans, avait présenté des comptes dans le rouge pour le neuvième trimestre d'affilée, avec 900 millions d'euros de pertes pour le quatrième trimestre 2002 et un carnet de commande de 3,3 milliards d'euros, en baisse de 23 % comparé au dernier trimestre 2001. Comme d'habitude, d'un ton peu convaincu, Hellström avait laissé espérer un retour aux bénéfices dans l'année.
Sous sa direction, des pans entiers d'Ericsson ont été sacrifiés les uns après les autres. Il y a cinq ans, Ericsson comptait 102 000 employés. Ils n'étaient plus que 64 000 fin 2002 et ne seront que 60 000 fin 2003. Il y a une semaine à peine, Ericsson a fabriqué le dernier téléphone mobile sorti d'une usine suédoise




