La France du roquefort a peur. La menace de boycott de produits made in France, brandie par plusieurs responsables politiques américains et relayée par une partie de la presse (Libération de vendredi), inquiète les producteurs. Et derrière eux, tous les petits exportateurs de foie gras, moutarde, et bien sûr de vin rouge ou blanc.
Toute cette campagne médiatique tombe au plus mauvais moment. Déjà confrontée à un taux de change euro-dollar défavorable et au doublement des droits de douane décrété en juillet 1999 sur certains produits, en représailles à l'embargo sur le boeuf aux hormones, la petite industrie agroalimentaire française n'avait pas besoin de cela. «2002 était reparti à la hausse après une chute de 42 % entre 2000 et 2001. La menace de boycott risque d'anéantir à nouveau nos efforts», résume Marie-Pierre Pé, déléguée du Comité interprofessionnel du foie gras. «Nous nous attendons à subir un vrai contre-coup», se désole Thomas Derville, PDG de Amora-Maille, le producteur de moutarde.
«Marché pourri». Directeur commercial de la Compagnie des vins de Bordeaux et de Gironde, chargé des Etats-Unis, Frank Boisset a reçu un mail d'un de ses plus gros distributeurs new-yorkais mercredi. Le courriel l'avisait de probables sanctions envers les vins français de la part de la NABI (National Association of Beverage Importers). «Avec toutes les entraves, le marché était déjà un peu pourri. Le problème, c'est que les Américains peuvent très bien se passer de nous. Les vins frança




