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«Tout ce qui est étranger, c'est poubelle»

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Publié le 17/02/2003 à 22h20

Hélène, 51 ans, était employée dans une société de soins esthétiques à domicile, Biophase, implantée dans l'est de la France. Il y a dix jours, ses deux anciennes patronnes ont été condamnées à six mois de prison avec sursis pour discrimination raciale à l'embauche et envers la clientèle. C'est la plus lourde peine jamais prononcée dans ce domaine. Hélène est à l'origine de la plainte déposée.

«J'ai été élevée chez les soeurs. On m'a enseigné qu'il n'y avait pas de différences entre les Blancs, les Noirs, les Arabes et les Asiatiques. Que tout le monde était logé à la même enseigne. Alors, quand ma patronne m'a expliqué que, dans son entreprise, avant d'embaucher, il fallait trier les curriculum vitae suivant l'origine et la couleur des gens, je suis tombée des nues.

«J'ai débuté en février 1999 comme téléphoniste. Mon travail était simple, je prenais les rendez-vous des clientes ou je téléphonais à des gens susceptibles d'être intéressés par nos services. Jusque-là, je n'avais pas vraiment entendu parler de critères ethniques de sélection. Des bruits, des rumeurs, mais rien de précis. Quatre mois après mon entrée dans la boîte, j'ai été convoquée par ma chef. Elle m'offrait une promotion, je quittais le service téléphone pour le service recrutement. Un cadeau empoisonné puisque là, j'avais ordre de jeter les CV avec des noms étrangers. "Tout ce qui est à consonance maghrébine, c'est poubelle", m'a-t-elle ordonné. Je suis sortie de son bureau choquée. Le lendemain, je suis ret

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