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Libération

Engorgement aux prud'hommes

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Publié le 10/03/2003 à 21h57

Lundi matin, à l'accueil du tribunaldes prud'hommes de Nanterre, Hauts-de-Seine. «Enculé, salope, je te tuerais.» Un homme, licencié d'une entreprise, s'énerve. Le fonctionnaire lui fait comprendre qu'il faudra grosso modo deux ans pour que son affaire soit jugée. Dans le peloton de tête des conseils des prud'hommes, celui de Nanterre traite 5 700 affaires par an, un quart du volume parisien avec dix fois moins de greffiers. Sous pression, plaignants et juges sont au bord de la crise de nerfs. En France, tous les conseils de prud'hommes sont en sous-effectif de greffiers. Il faut compter en moyenne dix mois pour qu'un jugement soit rendu alors que dans l'idéal, il suffirait d'un mois entre saisine et conciliation, cinq mois jusqu'au jugement. A Nanterre, l'attente peut aller jusqu'à vingt-sept mois. A moins de travailler dans l'industrie, où les dossiers sont traités en dix mois. En revanche, avec les km2 de bureaux à La Défense, les cadres poireautent plus de deux ans. «Autrefois, les cadres étaient fidèles à leur entreprise, avec une certaine loyauté. Ils n'attaquaient pas l'employeur. Aujourd'hui, le niveau d'implication des cadres n'est plus le même, ils n'ont aucun scrupule à porter leur dossier devant les tribunaux», analyse Bernard Fraissignes, président salarié du conseil de prud'hommes de Nanterre CFDT.

Présent lors de la dernière altercation à l'accueil, Bernard Fraissignes ne supporte pas la violence, même s'il comprend les situations dramatiques des justiciables,

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